En
Belgique, les accès à la profession ont pour objectif d'assurer que les
entreprises du secteur de la construction disposent des compétences
nécessaires, garantissant ainsi la qualité des services fournis.
Le
cadre légal permet au maître de l’ouvrage d’évaluer les compétences des
entreprises de construction.
En
vertu de la loi du 10 février 1998 relative à la promotion de l’entreprise
indépendante, les PME doivent prouver leur compétence professionnelle,
notamment par des connaissances de gestion de base (article 4 §1) et des
compétences spécifiques à leur domaine (article 5 §1).
L’Arrêté
Royal du 29 janvier 2007 détaille les activités pour lesquelles ces
compétences doivent être prouvées, incluant notamment : le gros œuvre, le
plafonnage, la menuiserie, la toiture, l’installation de chauffage central,
ainsi que les activités générales de construction.
La
preuve des compétences peut se faire par la détention d’un titre reconnu
ou par une expérience professionnelle suffisante (trois ans à temps
plein ou cinq ans à temps partiel).
II. Vérification des Accès à la Profession
Il
incombe à l'architecte de vérifier que l'entrepreneur dispose des accès requis
avant la signature du contrat. En cas de manquement, l'architecte peut être
tenu pour responsable.
La
vérification s'effectue via la consultation de la fiche BCE de l'entreprise,
disponible sur le site de la Banque-Carrefour des Entreprises. Il est essentiel
de se concentrer sur la catégorie "compétence professionnelle",
les codes NACEBEL n'ayant pas de pertinence pour cet aspect.
III. Sanctions en Cas de Défaut d'Accès
Les
règles relatives aux accès à la profession sont d’ordre public. Il est donc
impossible pour les parties d’y déroger, même d’un commun accord.
Si
un entrepreneur ne respecte pas ces règles, le contrat d’entreprise peut être
annulé rétroactivement, et des sanctions pénales spécifiques peuvent
s’appliquer.
L’entrepreneur
fautif ne pourra pas s'enrichir indûment et pourrait être contraint de
rembourser certaines sommes perçues.
IV. Situation Actuelle
Depuis
la 6e réforme de l'État en 2014, les régions sont devenues compétentes en
matière d'accès à la profession, entraînant des divergences législatives :
Région bruxelloise : L'Arrêté Royal du 29 janvier 2007 est toujours d’application, mais les entreprises ne seront plus tenues de prouver leurs connaissances en gestion de base dès janvier 2024.
Région wallonne : Les règles les plus strictes restent en vigueur, incluant la justification de la gestion de base et des accès professionnels.
Région flamande : Depuis 2018, la Flandre n’exige plus aucune condition d'accès pour les entreprises de construction.
V. Conséquences des Divergences Régionales
Les
divergences entre les législations régionales créent un déséquilibre et une
insécurité juridique.
La
question demeure quant à savoir si l'entrepreneur doit respecter les règles en
vigueur dans la région de son siège social ou dans celle où les travaux sont
effectués.
Une
décision récente du Tribunal de l'entreprise du Hainaut a décidé qu’une
entreprise basée en Flandre, sans accès à la profession, ne pouvait pas opérer
en Région wallonne.
Malgré
cette insécurité, il est vivement conseillé au maître de l'ouvrage de vérifier
systématiquement les accès à la profession avant de conclure un contrat.
Co-écrit par Me Alexandra VASILAKIS et Me Ewa BOGUCKA
Maître Alexandra VASILAKIS
Pratique quotidiennement le droit immobilier au sens large et a été reconnue spécialiste en droit de la construction et droit des baux par décision du Conseil de l’Ordre Francophone du Barreau de Bruxelles du 16/01/2018.
Les expertises de Leximos
Droit de la construction
Constatations de malfaçons, réception des travaux, désignation d’un expert en référé, etc.